Des graines de Moringa dans les prisons

« Si la norme internationale prévoit un espace de 3,4m2 par détenu pour passer la nuit, pour nous à Madagascar, cet espace est devenu 0,5m2. Cela montre à quel point les établissements pénitentiaires malgaches sont surpeuplés »
Ranaivo Andriamaroahina Tovonjanahary, Directeur Général de l’Administration Pénitentiaire à Madagascar en 2014.


Pour répondre à cette problématique, l’administration pénitentiaire de Madagascar a développé un système pour le moins surprenant : un camps pénitencier … en pleine nature !
Ce concept audacieux permet aux prisonniers d’effectuer leur peine d’une manière « plus douce » : ils évoluent dans un espace ouvert et cultivent leur terre, sous la surveillance de quelques gardiens. Ainsi, ils parviennent à leur autosuffisance alimentaire et peuvent également fournir l’alimentation d’autres établissements fermés.

Charmés par ce concept et inspirés par la société Spirnam qui œuvre pour l’aide alimentaire des prisonniers, nous avons initié en 2012 un projet expérimental de culture de Moringa Oleifera avec le Camp pénal Frehel Andranomena. Cette plantation visait, d’une part, à la production de graines oléagineuses et, d’autre part, à la consommation des feuilles de Moringa, complétement alimentaire riche en vitamines, protéines et nutriments.

Après plusieurs années d’expérimentation, nous nous lançons un défi : planter plus de 15 000 arbres de Moringa au sein de l’établissement. Par ce projet, nous contribuons à la reforestation de la région et améliorons le quotidien des prisonniers en leur apportant des ressources supplémentaires. Pour atteindre cet objectif, 3 puits sont en cours de forage et une pépinière est déjà en place.


De passage sur l’exploitation, j’ai pu rencontrer le chef de camp Mr. Paul Alexis ainsi que les 16 détenus en charge de cette plantation. J’ai été heureux de constater leur enthousiasme et leur confiance en ce projet.

Ce type de collaboration, aussi étonnante que passionnante, peut en laisser certains perplexes, mais si vous avez un jour la chance de passer par là, venez rencontrer toutes ces personnes. Vous serez surpris par la manière avec laquelle ils ont, malgré leur statut de détenu, reconstruit leur vie et leur famille.

Nous sommes très fiers d’être engagé dans un projet aussi novateur. Il nous prouve, une fois de plus, qu’il est possible de cultiver des huiles précieuses tout en contribuant au bien-être des plus démunis.

 

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