Le Calophyllum Inophyllum, le début d’une entreprise remarquable 1

Côte Est de Madagascar entre Manakara et Manajary.

Nous quittons la RN12, et prenons la direction plein Est vers l’Océan. 3 h de piste bien défoncée.

Après quelques kilomètres nous entrons dans une zone forestière humide où poussent toutes sortes de plantes très recherchées, caféiers, girofliers, poivriers, etc… Nous croisons un camion chargé de sacs de clous de girofles, l’air est saturé de cet arôme particulier.

On peut voir quelques Aleurites également (je reviendrai ultérieurement sur cette plante) et surtout beaucoup de Jacquiers, qui pour les occidentaux sont des arbres comme le cacaotier qui nous surprennent toujours, enfin moi en tous cas !

Arrivés devant une grande étendue de rizière nous devons laisser la voiture et continuer à pieds.

Après 1h30 de marche et ayant traversé plusieurs rivières, de nombreuses rizières et des marais, nous arrivons enfin dans un petit village d’environ 400 personnes avec une densité de maisons impressionnantes engendrant une très grande proximité.

Ici la population vit des rizières autour du village, de la pêche en eau douce et en mer. Nous sommes au bord du Canal des Pangalanes.

Le village vit paisiblement, et à notre arrivée, on peut sentir une certaine sérénité qui est vite rompue quand un groupe de femmes en discussion voit arriver un groupe de Vazaha, des étrangers. Aussi bien, moi le blanc que mes deux compères Merina des hauts plateaux, nous sommes ici dans l’ethnie des Antemoro.

Nous allons vite nous présenter au président de Fokontany pour lui expliquer la raison de notre venue, nous sommes accueillis dans sa case traditionnelle sur pilotis, et nous nous asseyons suivant le protocole : Le blanc à côté du président, à sa gauche les femmes et les enfants, et à sa droite les hommes.

Après plusieurs échanges de courtoisie, nous lui mentionnons que nous cherchons du Calophyllum Inophylum (Foraha) et que nous souhaiterions traverser le canal des Panganales pour nous rendre sur la bande de sable où il confirme que cette plante est bien présente.

On nous serre à boire de l’eau de riz, le président s’absente. Il revient après quelques minutes.

De retour le président, nous confirme qu’il va nous nous accompagner personnellement et nous faire traverser le canal dans sa pirogue.

Malgré les difficultés de la vie on voit une ambiance sereine et une humeur très amusée par notre présence après la stupeur initiale. Certainement que le fait d’être accompagnés par leur chef, joue dans ce sens.

Les villageois, malgré l’heure chaude de 11h, sont à l’ouvrage sous le soleil, réparation des filets de pêche, nettoyage des poissons, fabrication de pirogues, …

Nous embarquons, c’est magnifique, même si Njaka est plutôt stressé par l’état de l’embarcation … Lors de la traversée nous voyons des enfants à la pêche. L’un d’entre eux n’a pas 5 ans, ça aussi ça stresse Njaka !

Une fois arrivés sur la bande de sable qui sépare l’océan du canal sur environ 500 mètres de large sur plusieurs dizaines de kilomètres, nous sommes époustouflés par le nombre de plantes présentes qui font l’objet de cette expédition.

A partir de cet instant, les idées les plus insensées ou sensées nous envahissent … L’avenir nous le dira ! Et vous, si vous voulez suivre la suite on se retrouve dans quelques jours.

*Ici le mot « entreprise » n’est pas utilisé dans le sens d’une société à caractère juridique mais bien dans son sens premier « d’entreprendre » !

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